Bel hommage à Ferrat

NEUCHATEL

Magnifique succès pour le concert donné au temple du Bas. Le public a fait la fête au poète-chanteur.

« Ce n’est pas mon succès, mais celui de Ferrat. » C’est en ces termes que Pierre Huwiler, chef de choeur fribourgeois, résume le concert de samedi soir au temple du Bas, à Neuchâtel. Le groupe vocal Café-Café, l’ensemble Lundi 7 heures et les trois solistes Denis Alber, Michel Bühler et Loraine Félix étaient réunis pour faire « La fête à Jean Ferrat ». Un hommage musical au chanteur-poète français décédé en mars 2010.

Les deux heures de spectacle se suivent et ne se ressemblent pas. A capella ou accompagnés par piano, batterie et basse, les deux groupes et les solistes se succèdent ou se mélangent. La chorale n’a rien de statique, les chanteurs occupent tout l’espace, et des jeux de lumière originaux complètent le tableau.

Une mise en scène bien au point, qui n’a pourtant pas demandé tant de préparation.  » Le spectacle a été monté entre avril et juin de l’année dernière. Nous nous y sommes mis à fond, ce sont des passionnés » , raconte Pierre Huwiler. Vêtus d’un jean, d’un t-shirt ou d’une chemise blanche, ces passionnés ont de 18 à 70 ans et viennent de toute la Suisse romande pour former Café-Café, ensemble mixte qui répète une fois par semaine à Lausanne.

« Nous avons un chef de choeur exceptionnel, je ne voudrais pas aller ailleurs » , s’exclame une membre de la chorale. Lundi 7 heures est, lui, composé de douze hommes aux chemises colorées, qui se sont déjà produits en Bolivie, en Russie, en Espagne ou encore au Vietnam. Renommée oblige, les 670 places du temple du Bas étaient déjà toutes vendues à Noël.

Tout au long de la représentation, il n’est pas rare d’entendre certains fredonner avec les choristes le temps d’une mesure. Et quand le chef d’orchestre annonce l’arrivée de la chanson « Aimer à perdre la raison », les spectateurs laissent échapper un « ah » satisfait. Le concert s’achève sur « La montagne », où les 80 voix de Café-Café s’unissent à celles de Lundi 7 heures et des trois solistes. Le public, visiblement conquis, commence par taper des mains en rythme, puis se lève. Et finit par reprendre en choeur le fameux refrain « Pourtant que la montagne est belle… »

Par JULIE MELICHAR