Hélène CHORAFAS LEBEL

Nomade… L’existence qu’elle a menée comme petite fille, bringuebalée de scènes en hôtels, de villes en villages, par un papa musicien qui passait l’essentiel de son temps à sillonner l’Europe.

« Les Nomades »… Le titre qu’elle interprète régulièrement, en compagnie du Groupe vocal Café-Café qui, dorénavant, s’inscrit un peu dans son carnet de vie comme sa deuxième famille.

Entre ces deux époques, un demi-siècle. Empreint de bonheur familial, mais aussi de frustration, dans l’attente de pouvoir un jour goûter aux joies de cet univers musical qu’elle espère tant. Mais papa avait dit non. Une possible manière de protéger sa progéniture ? Ce saltimbanque, à l’air imposant mais au cœur si tendre, a mis un terme à sa carrière à l’âge de 40 ans, afin d’être davantage présent à la maison et n’a pas voulu que sa fille prenne le chemin de toute sa famille, celui des musiciens professionnels. Mais c’était sans compter avec la détermination farouche de la petite Hélène, originaire du pays des olives et du sirtaki. Hélène… Prénom grec, signifiant « éclat du soleil ». Tout un programme ! Que s’est-il passé, alors, durant toutes ces années où musique et chant ne représentaient qu’un désir inaccessible, vécu par procuration au travers de son père ?

Une formation dans le tourisme, un début de carrière dans l’organisation de manifestations, puis elle a souhaité, après quelques années, se consacrer de manière plus soutenue à sa petite tribu. Maman de 3 enfants (une fille, un garçon et une fille, dans l’ordre), aujourd’hui tous adultes, tous impliqués de près ou de loin dans la musique, elle participait avec une joie immense aux concerts familiaux, accompagnés par le grand-papa qui avait, depuis, révisé son jugement et lâché la bride. Pendant quelques années formatrice des branches professionnelles (connaissances du savoir vivre et correspondance française, entre autres) pour les hôtesses d’accueil à l’Ecole Roche, elle a quitté l’enseignement aux environs de 2006, année qui fut aussi celle de ses premiers pas en tant que présidente de Café-Café, activité qui n’a pas tardé à s’imposer comme son occupation essentielle et grâce à laquelle elle s’est découvert des talents cachés. A cela, on ajoute l’organisation de Bravo la voix, association qui demande une bonne dose d’énergie et de professionnalisme.

Toujours fidèle à sa ligne de conduite de ne pas faire les choses à moitié, Hélène a pris des cours de chant après être arrivée dans la grande famille, un an après la création du groupe qui a aujourd’hui 20 ans. Car il faut savoir qu’Hélène se donne toujours, quelle que soit la situation, la possibilité d’aller au fond des choses lorsqu’elle entreprend une nouvelle activité, qu’elle soit sportive, culturelle ou autre. Hélène n’est donc jamais dans la demi-mesure et c’est sans doute pour cette raison qu’elle ne supporte pas un quelconque échec. « Je veux que ça marche et m’en donne toujours les moyens. Je déteste tout ce que je n’arrive pas à maîtriser ». D’ailleurs, jusqu’à ce jour d’avril 2014, il n’y a guère qu’une petite balle à facettes, ronde et pleine, qui lui résiste encore quelques fois, peu encline à entrer dans son trou lorsqu’elle s’adonne l’un de ses hobbies, le golf. Ce qui, on s’en serait douté, a le don de l’agacer fermement !

Hélène, un livre ouvert et un bagout sans limite. Une femme honnête, loyale et fidèle, responsable, au bon caractère. C’est elle qui le dit et on ne peut qu’approuver. Mais elle reconnaît aussi une possible susceptibilité si la critique devait s’avérer injuste, un peu rancunière si on lui fait du mal, sensiblement gourmande, pas franchement prédisposée à l’exercice physique et manquant quelque peu de sens de l’orientation.

Ses enfants élevés, elle a aujourd’hui repris du service en gérant l’aspect ressources humaines dans la Start up que son mari a fondée il y a peu. Elle œuvre également pour la Fondation d’Entraide Hellénique, elle qui a toujours eu un goût prononcé pour tout ce qui touche à l’événementiel et par amour pour son pays d’origine.

Le chant et l’organisation. Enfin, on y arrive. Faire comme papa. Troisième présidente, après Jean-Noël et Christophe, elle a mené cette fonction comme un véritable labeur, après s’être occupée durant la première à déléguer un maximum. Une activité qui s’est très vite avérée constituer un emploi à part entière. «J’apprécie le travail d’équipe et ce petit groupe a toujours très bien fonctionné. Il suffit de mettre les compétences de chacun au bon endroit». Une véritable petite entreprise qui marche désormais comme un microcosme. Le tout autour du fil rouge que représente Pierre, avec qui règne une harmonie parfaite, toujours dans la bonne humeur et le respect, sans n’être jamais entré dans un climat de discorde. La contribution Marketing, inespérée, efficace mais presque nécessaire, apportée par Ramon depuis 2007, a suivi quasi naturellement l’évolution très professionnelle de Café-Café.

Désormais déchargée de la gestion du groupe, elle poursuivra la tâche immense de l’organisation des concerts, activité délicate à transmettre, mais qu’au début elle ne pensait pourtant pas être capable d’assumer. « Un talent que je me suis découvert et un résultat tout à fait inattendu avec la nouvelle dimension qu’a prise Café-Café ».

Quand Hélène s’amuse à fouiller dans les archives de sa mémoire, il lui revient à l’esprit Les Francetivités, qui furent sans aucun doute le moment où Café-Café est entré dans une nouvelle dimension. Et avant, La Place des Arts à Montréal, son premier grand concert, peut-être le plus impressionnant, lorsque le rideau s’est ouvert devant 3’000 personnes pour un hommage à Michel Berger, (eh oui… déjà du Starmania)  avec orchestre symphonique et des solistes québécois devenus célèbres depuis. « Depuis ce moment fort, je n’ai plus jamais eu le trac, même lorsque je suis sur le devant de la scène avec les HF. J’adore ça ! ».

« Starmania version concert 2010 », qui fut l’ultime création de son cher papa, restera pour elle l’une de ses plus belles satisfactions et son immense fierté. Un accomplissement, en quelque sorte. Boucler la boucle en ramenant son père dans la musique, grâce à la rencontre avec Pierre Huwiler, alors que le plus cher souhait était que justement sa fille ne rentre jamais dans cet univers. Une belle revanche sur l’interdit « et beaucoup de reconnaissance exprimée, avec tous ses derniers amis pendant le Coup de Chapeau à Georges Chorafas » .

Mais de toutes les partitions qu’elle a interprétées, c’est celle d’être maman qui lui a procuré le plus grand bonheur. Et rien qu’à songer à la suivante, des étoiles scintillent dans ses yeux en imaginant les mélodies qu’elle pourra chanter à ses petits-enfants.


Jean-Noël PAUL

Avec lui, pas de chichis. On ne s’encombre pas de paroles inutiles. Ses mots sont pensés, pesés, posés. Point.

Pour beaucoup d’entre nous, nouvelles recrues de la famille Café Café,  Jean-Noël était avant tout, et jusqu’à aujourd’hui, le messager fidèle de notre grande rubrique : « Les membres de Café Café partent en voyage ».  Mais désormais, on pourra dire de lui : « Jean-Noël, le retourrrrrrrrrrr  » (ne jamais oublier d’appuyer sur les « r » en fin de phrase), puisque, après s’être attelé à la mise en place du groupe, de février à décembre 1993, il en a assumé la gestion administrative en tant que tout premier président de Café Café, de janvier 1994 à juin 2000. Il a souhaité ensuite transmettre le témoin au non moins talentueux et efficace Christophe, histoire d’assurer la relève avant de songer à un possible départ.

Mais on ne quitte pas Café Café aussi aisément. Et voilà que 20 ans après la création du groupe, notre nouveau co-président est resté fidèle au rang des ténors, avec toujours le même plaisir de chanter qu’auparavant et totalement en accord avec l’idée d’occuper en sus le poste de la gestion des membres.

Cet enseignant de l’histoire et du français au Lycée Jean Piaget de Neuchâtel, à l’aube de sa retraite, se dit homme de confiance, serviable, bien organisé et plutôt déterminé. Il sera, à n’en pas douter, l’homme de la situation dans cette tâche qu’il pourra, d’ici la fin de l’année scolaire, gérer tout en douceur, sans les contraintes professionnelles annexes qu’il assumait jusqu’alors. Se sentant en terrain conquis, il ne souhaite pas apporter de grands changements à ce qui a été mis en place auparavant. « Hélène, avec qui je m’entends parfaitement bien et avec qui je suis devenu très complice au fil des ans, assumera la partie la plus exigeante du poste ». C’est essentiellement pour cette raison, d’ailleurs, qu’il a accepté de reprendre du service à la présidence.

Si l’on remonte le cours de l’histoire, on apprendra que Jean-Noël est « entré en musique » comme on entre en religion, par amour pour celle qui allait devenir sa femme. Une belle-famille qui aimait chanter, lors de fêtes ou de messes, et qui l’a entraîné dans cette aventure musicale et chorale pour une très longue partie de sa vie, si ce n’est peut-être pour le restant de sa vie.

Après Acousmie, sa toute première expérience chorale hors contexte familial,  puis la Chanson du Pays de Neuchâtel (dirigée à l’époque par un certain Pierre Huwiler), c’est à Café Café qu’il a offert son c(h)oeur, parce qu’il apprécie tout simplement de chanter le répertoire francophone, de bouger sur scène, la nouvelle orientation qu’a pris le groupe en 2006 à Chéserex, d’être accompagné par un orchestre moderne et des solistes. S’il a choisi de chanter dans ce groupe, c’est aussi parce que cela exige une bonne dose d’apprentissage, due en particulier à l’évolution du groupe dans une direction nouvelle et innovatrice. Mais ce n’est pas tout. L’ambiance particulièrement chaleureuse et le sentiment d’être rechargé lorsqu’il en revient, la gratitude que lui apportent les applaudissements du public et la formidable diversité des possibilités de contacts qu’apportent tous les membres en sont des prétextes tout aussi importants. Très sensible aux projets exceptionnels qui tournent dans les plus belles salles de spectacle de Romandie et surtout, la certitude que rien de tout cela n’existerait sans son directeur, à qui il voue une admiration et une amitié sans faille. Au point que s’il devait un jour chanter dans un autre chœur, ce serait à la condition unique que Pierre y soit à la baguette.

Cet amoureux de la nature et de randonnée aime s’adonner également à la lecture, s’intéresse à la culture en général et a entrepris une démarche spirituelle. Doublement grand-père et papa de deux garçons qui ont tous deux la trentaine, il reconnaît être parfois un peu trop autoritaire, quelque peu sensible au stress et un tantinet anxieux.

Les souvenirs, les moments forts qu’il a recensés durant ces 20 ans  sont très nombreux, tellement nombreux qu’il hésite à en choisir un en particulier. Mais s’il devait en extraire un (ou plusieurs ?) de sa mémoire, il évoquerait le voyage qui a conduit le groupe à Québec, en 1996, les baleines à Tadoussac, dans le St-Laurent, ou en Belgique, lors d’une soirée en bateau dans le port d’Anvers, ou peut-être Israël, un matin de Noël à Jérusalem, avec le chœur symphonique de Fribourg, toujours avec Pierre Huwiler aux commandes, accompagné par 2 solistes américains, ou encore ……

Bref, des moments privilégiés, qui lui ont fait dire : « C’est précisément pour cet instant-là que je suis venu ».